Durant 4 jours, le monde de la tech s’est rassemblé du 16 au 20 juin au parc des Expositions situé à la porte de Versailles dans le 15ème arrondissement de Paris. Chaque année, l’évènement rassemble près de 150 000 à 200 000 personnes issus des startups, grandes entreprises et étudiants.
Pour cette édition 2026, près de 180 visiteurs étaient attendus avec 14 000 start-ups. Comme depuis 2023, l’intelligence artificielle était à nouveau au cœur des échanges avec la présence de nombreux experts et conférenciers spécialisés en IA.
De sa création à son rayonnement mondial : l’essor de VivaTech
Revenons en 2016, le groupe Publicis et le groupe Les Échos s’associent ensemble pour créer un évènement annuel en Europe capable de rivaliser avec le CES de Las Vegas : un rendez-vous incontournable des nouvelles technologies sur le territoire européen. Dès la première édition, organisée sur 3 jours a attiré près de 45 000 visiteurs dont 5 000 start-ups.
L’année suivante en 2017, Emmanuel Macron, tout juste devenu président s’appuie sur l’évènement et la montée en puissance rapide de Vivatech pour lancer French Tech. Au cours de sa prise de parole, il y développe sa vision et sa volonté de faire de la France, une start-up nation : un territoire propice pour accueillir l’innovation.
Les éditions 2018 et 2019 ont été marqués par la popularité croissante du salon avec le passage symbolique des 100 000 visiteurs en 2018 puis la venue de 124 000 visiteurs en 2019 dont 13 000 start-ups provenant de 124 pays. Des personnalités de premier plan comme Mark Zuckerberg (Facebook) ou Satya Nadella (Microsoft) ont été remarquées pour leur présence. Tout ceci démontrent de la montée en puissance de Vivatech à l’international.
Les conséquences de la crise sanitaire sur le développement de VivaTech
En 2020, le salon est frappé de plein fouet par la crise sanitaire, l’édition 2020 est tout simplement annulé et l’édition 2021 a rassemblé seulement 26 000 personnes à Paris.
Pour sa sixième édition en 2022, L’édition avait pour thème la modernisation de l’espace de travail, la mobilité mais surtout le Web 3.0. C’est à dire la vision décentralisée d’internet reposant sur la blockchain, où les utilisateurs contrôlent leurs données et leurs actifs numériques sans intermédiaire. Néanmoins, le salon n’a attiré que 91 000 visiteurs, soit un nombre plus faible qu’en 2019.
VivaTech à l’ère de l’intelligence artificielle (2023-2025)
En 2023, Vivatech passe un cap majeur avec l’IA, OpenAI profite du salon pour démontrer le potentiel et l’usage de ses modèles d’IA et plus globalement les LLMs (Large Language Models) eux-mêmes appliqué à un contexte business : automatisation de tâches répétitives, accélération de productivité…
Plus surprenant encore, le Web3 avait quasiment disparu des stands pour laisser place aux startups spécialisées en IA. Le salon mettait également en avant la Corée du Sud et ses 150 startups couvrant des domaines aussi variés que la santé, la robotique et l’intelligence artificielle. Également, Elon Musk qui venait d’acquérir le réseau social Twitter a fait le déplacement
L’année suivante, le salon se dote d’un parcours dédié à l’IA : l’AI Avenue. De plus, parmi les grands noms présents en conférence : Yann LeCun (Meta), Arthur Mensch (Mistral AI) et Dario Amodei (Anthropic). En 2025, VivaTech atteint un nouveau record de fréquentation avec 180 000 visiteurs. Le salon débute en fanfare avec la keynote d’ouverture de Jensen Huang, CEO de Nvidia, dont les puces graphiques sont devenues incontournables pour entraîner les grands modèles d’IA.
De plus, le baromètre VivaTech a révélé que 85 % des entreprises prévoient d’augmenter leurs investissements IA dans les 12 mois, même si la gouvernance des risques IA reste floue pour une majorité d’entre elles.
VivaTech 2026 : entre maturité de l’IA et enjeux de souveraineté technologique
L’édition 2026 poursuit sur la même tendance, en plaçant à nouveau l’IA au cœur de l’événement et des échanges. Cette fois-ci, l’IA est suffisamment ancrée dans le quotidien des entreprises, mais celles-ci axent désormais leur stratégie autour de son impact réel : mesurer le retour sur investissement, démontrer des cas d’usage concrets et maîtriser les risques qui l’accompagnent.
Pourtant, derrière l’effervescence, une tension de fond s’impose de plus en plus dans les débats : celle entre la souveraineté technologique européenne et la dépendance aux géants américains et asiatiques. Car si l’Europe innove et ambitionne de faire émerger ses propres champions, elle reste largement tributaire des infrastructures, des modèles et des plateformes venus d’outre-Atlantique ou d’Asie.
En effet, au même moment, Anthropic annonçait la restriction de l’accès à son dernier et plus puissant modèle d’IA, Fable 5, en dehors du territoire américain, à la suite d’une directive du gouvernement des États-Unis invoquant des motifs de sécurité nationale. Cette décision a alimenté les inquiétudes concernant la fragmentation géographique de l’accès aux modèles d’IA les plus avancés.