Le 3 mars dernier, Yann le Cun, enseignant en sciences et chercheur IA annonce une levée de fonds d’un montant de 1 milliard pour le financement de sa start-up AMI Labs. Crée 6 mois auparavant, la société est désormais valorisée à environ 3.5 milliards de dollars.

Qui est Yann Le Cun ?

Yann Le Cun est un scientifique français qui a passé l’essentiel de sa carrière professionnel aux États-Unis. Enseignant à l’université de New York, il a contribué de manière notable au développement de l’apprentissage de l’IA à travers l’utilisation de réseaux de neurones. Jusqu’ici, il officiait en tant que directeur scientifique IA pour le groupe Meta, maison-mère du réseau social Facebook. En 2018, il a reçu le prix Turing, la plus haute distinction en informatique, aux côtés de ses deux collègues Geoffrey Hinton et Yoshua Bengio, pour leurs travaux pionniers sur l’apprentissage profond (deep learning).

Il est également auteur de nombreux ouvrages et articles dont Quand la machine apprend: La révolution des neurones artificiels et de l’apprentissage profond aux éditions Odile Jacob.

Sa vision de l’IA générative

À l’ère de ChatGPT et plus globalement l’IA générative, Yann Le Cun partage une vision plutôt unique sur le développement des IA conversationnels et leur intégration au sein des processus internes. Il considère notamment que l’IA générative n’a pas d’avenir et qu’elle se situe dans une impasse. Dans le communiqué de présentation d’AMI Labs, il apporte l’explication suivante : Si l’IA générative a démontré sa capacité à comprendre le langage humain, elle manque clairement d’outils et de compétences pour comprendre le monde réel.

Concrètement, il soutient que l’IA générative est fondamentalement inadaptée aux contextes d’automatisation où les résultats sont imprévisibles. Pour lui, le véhicule autonome est l’exemple le plus parlant : tandis que certains modèles d’IA ont la capacité d’analyser des données multimodales (son, vidéo, image…) et conduire en autonomie. Aucun d’entre eux n’appartient à la famille des IA génératives.

C’est pour cette raison qu’AMI Labs a été fondé : rassembler un groupe de chercheurs et de scientifiques pour développer une IA super intelligente. C’est-à-dire une IA qui va au-delà de la simple génération de texte et dont le périmètre s’applique au monde réel.

En définitive, l’IA super intelligente gagne en puissance, bénéficiant indirectement de la vague d’investissements que l’essor de l’IA générative a déclenchée dans l’ensemble du secteur technologique. Pourtant, les deux poursuivent des objectifs fondamentalement différents. Là où l’IA générative apporte sa plus grande valeur en venant augmenter des tâches d’entreprise fondées sur le texte, l’IA du monde réel opère sur une tout autre frontière : elle intègre l’intelligence à des systèmes physiques, des processus industriels et des environnements dynamiques pour lesquels les modèles de langage n’ont jamais été conçus.