On le sait tous, l’essor de ChatGPT en novembre 2022 a fait naître de nombreuses entreprises spécialisés en IA avec chacun des différences notables en termes d’usage et d’expertise.
Chaque nouveau modèle d’IA se présente en dépassant son prédécesseur. Quelques mois plus tard, ce même modèle devient la référence qu’un autre affirme avoir surpassée. La course aux benchmarks tourne en rond. La vérité se trouve ailleurs, chaque modèle peut répondre à un besoin différent en fonction de l’utilisateur.
Si vous êtes perdu pour savoir quel IA générative utiliser pour votre usage, le ministère de la culture a crée une plateforme unique en Europe permettant de comparer un modèle selon l’usage final : COMPAR.IA
À l’origine de Compar.IA
La démarche de Compar.IA s’inscrit dans une volonté de réduire les biais culturels et linguistiques de l’IA issus de la phase d’entraînement. En effet, les IA conversationnelles s’appuient la plupart du temps, sur des corpus de données en anglais. Ce qui crée des biais linguistiques et culturels dans les résultats qu’ils produisent.
C’est ainsi que la plateforme Compar.IA est née avec l’ambition de réduire les biais culturels et linguistiques. Pour cela, la plateforme propose une approche comparative et participative. En détail, celle-ci s’appuie sur deux principaux leviers :
- Une couche supplémentaire d’entraînement : Celle-ci consiste à apprendre au modèle à être plus pertinent dans ses réponses, soit plus honnête (capacité à dire qu’elle ne sait pas quand elle manque de données). Aussi, elle est aussi entraîné pour ne pas générer du contenu offensant
- Jeux de donnés spécifiques : Usage de données de préférence. C’est à dire des données rédigées par des annotateurs experts associés à des consignes de style d’écriture. Les données de préférence incluent les données spécialisées couvrant des domaines spécifiques (médecine,droit, éducation…)
Une démarche participative qui s’appuie sur la communauté
Après la conception d’un prototype à l’été 2024, Compar.IA a été officiellement déployé au grand public à l’occasion du sommet de la francophonie à Villers Cotterêts. Une seconde version de la plateforme a été lancé moins de trois mois plus tard en janvier 2025. La mise à jour intègre de nouvelle fonctionnalités dont la possibilité pour les utilisateurs de voter à l’aveugle pour le meilleur modèle parmi 2 propositions.
Chaque modèle se voit ainsi attribuer un nombre de votes. D’autres critères sont aussi implémentés comme le score de satisfaction selon le modèle Bradley-Terry (modèle statistique qui permet, à partir de comparaisons par paires, d’estimer la probabilité qu’un élément l’emporte sur un autre et d’en déduire un classement global cohérent).
D’autres indicateurs existent tel que la consommation moyenne, mesurée en milliwattheures (mWh) pour traiter une requête de 1000 tokens. Il faut savoir que ce chiffre varie en fonction du nombre de paramètres du modèle et de son architecture. À fin juin 2026, la plateforme comptait 110 modèles testés.
L’ambition internationale pour les prochaines années
Compar.IA cherche désormais à s’étendre à l’international, au-delà des frontières de l’Europe. C’est une ambition forte et une vrai défi car la plateforme doit s’adapter aux spécificités de chaque langue dans le monde. On estime qu’il existe près de 7000 à 8000 langues sans compter les dialectes et les diverses régionales.
Pour l’utiliser, rien de plus simple : il suffit de se rendre sur le site de la plateforme à l’adresse https://comparia.beta.gouv.fr/. La navigation guide naturellement l’utilisateur vers un test comparatif mettant en regard deux modèles anonymisés. Après avoir soumis sa requête et consulté les réponses générées, l’utilisateur est invité à voter pour la réponse qu’il juge la meilleure — avant de découvrir, dans un second temps, l’identité et les caractéristiques des deux modèles évalués

La popularité de l’outil se confirme avec près de 500 000 votes enregistrés à la mi-juin 2026. Un succès qui témoigne d’une double évolution dans le rapport des utilisateurs à l’IA conversationnelle : d’une part, une prise de conscience croissante de la variabilité et des biais inhérents aux modèles de langage ; d’autre part, une adoption de plus en plus pragmatique, où l’utilisateur ne se contente plus d’un seul modèle par défaut, mais cherche activement à identifier celui qui répond le mieux à ses besoins spécifiques. Compar.IA s’impose ainsi comme un outil de référence à l’intersection de la sensibilisation et de l’évaluation citoyenne de l’IA.