Cela fait désormais bientôt 4 ans que ChatGPT se révélait aux yeux du monde entier. Depuis, le paysage de l’IA a profondément évolué. De nombreuses entreprises se sont très vite intéressés à la technologie de l’IA générative et ont massivement investi en conséquence.

Certaines organisations se sont alliés tel qu’OpenAI avec Microsoft dans le but d’offrir la meilleure expérience d’usage de l’IA générative et pouvoir répondre aux besoins des utilisateurs. Dans le même temps, de nouveaux acteurs ont émergés comme Mistral, entreprise française qui ambitionne de devenir le leader de l’IA générative en Europe ou encore Anthropic, principal rival d’OpenAI.

Une fin d’année 2022 qui fait entrer l’IA dans une nouvelle dimension

Il y a une raison pour laquelle OpenAI et ChatGPT domine actuellement les parts de marché de l’IA générative; ils se sont imposés comme la référence en popularisant l’IA générative au public. Ils ont parfaitement démontré les avantages pour les utilisateurs d’avoir un assistant pour accélérer leur productivité. Dès sa sortie, ChatGPT a attiré des millions d’utilisateurs, aujourd’hui des centaines.

À peine 2 mois après sa sortie, l’application ChatGPT avait atteint 100 millions d’utilisateurs et a attiré de nombreux investisseurs et qui ont permis à l’entreprise de faire évoluer ses modèles, les rendant plus performant et plus puissant.

À l’origine, OpenAI était une association à but non lucrative et qui avait pour mission à sa création de développer l’intelligence artificielle de façon à ce qu’elle puisse bénéficier à tous, plutôt des intérêts commerciaux. De nombreux profils reconnues dans le milieu ont participé à sa fondation, y compris Elon Musk.

Depuis, l’association a progressivement basculé vers le modèle entreprise et est aujourd’hui à plus de 900 milliards de dollars à la mi-2026. L’entreprise s’est allié avec Microsoft afin de permettre au géant numérique de Seattle de pouvoir intégrer les modèles d’OpenAI au sein de ses propres outils (Word, Outlook, PowerPoint…).

Anthropic s’impose désormais comme un acteur incontournable de l’IA

Anthropic est également une entreprise spécialisé dans l’IA et qui a été crée en 2021. Crée par plusieurs employés qui travaillaient auparavant chez OpenAI, son approche diffère en développant une IA entraînée en suivant des indications éthiques pour garantir des réponses sécurisés.

Cela permet notamment à leurs modèles d’avoir une probabilité plus faible “d’halluciner”. C’est à dire, la génération de réponses basées sur des informations incorrects.

Anthropic a aussi fortement investi dans les capacités de ses modèles autour du coding et de l’ingénierie logicielle, au point d’en faire un axe central de sa stratégie produit, notamment avec le lancement de Claude Code. Cette stratégie a bénéficié à Anthropic puisqu’elle a gagné en popularité et parvenant à dépasser OpenAI en termes de valorisation (965 millard de dollars contre 852 milliard pour OpenAI)

Une dépendance technologique plus forte que jamais

L’hyper-croissance des entreprises d’IA cache un détail qui n’en est plus vraiment un : leur dépendance aux puces graphiques. Ces processeurs, conçus à l’origine pour afficher des images dans les jeux vidéo ou les logiciels 3D, possèdent une capacité rare : exécuter des milliers de calculs mathématiques en parallèle et en temps réel. Exactement ce que requiert l’entraînement des modèles d’intelligence artificielle.

La demande pour ces composants explose, et Nvidia en est le grand bénéficiaire. L’entreprise américaine, leader mondial de la conception de puces graphiques, affiche une capitalisation boursière qui dépasse les 3 000 milliards de dollars. Si demain, Nvidia décide d’augmenter les prix de ces puces graphiques, il y a de grandes chances que les entreprises IA suivent car les puces graphiques deviennent progressivement stratégiques dans la course de l’IA.

Google a quant à elle choisi une autre voie. Forte de son expertise et de sa position parmi les géants de la tech, l’entreprise a développé ses propres puces dédiées à l’IA, baptisées TPU pour Tensor Processing Units. Une autonomie qui lui permet de ne pas dépendre de Nvidia et de rester compétitive face à ses concurrents directs. Cette maîtrise technologique ne laisse pas indifférent : Apple a signé un partenariat avec Google en 2025 pour intégrer ses modèles d’IA au sein de ses appareils et notamment dans son assistant Siri.

Cette dépendance technologique fait craindre aux investisseurs d’une potentiel baisse conséquente des revenues liés à l’IA. Certains parlent d’une bulle de l’IA et accusent même de faire gonfler artificiellement leurs revenues. À titre d’exemple, OpenAI achète des puces graphiques à Nvidia et ce dernier investit en retour dans OpenAI. Cela crée en quelque sorte un cycle circulaire d’investissement.

D’autres soupçonnent les entreprises IA de sous-estimer les coûts pour entraîner et faire tourner les modèles d’IA tout en surestimant les revenues générés. En parallèle, les entreprises cherchent désormais à passer le cap de l’exploration de l’IA et à rentabiliser leurs investissement en adoptant une approche plus pragmatique qu’en 2022 à travers l’opérationnalisation de l’IA dans les processus internes.