Un grand nombre d’organisations vivent toujours sans gouvernance de données formalisée, mais à quel prix ?

La gouvernance de données en détail

Commençons d’abord par définir ce qu’est la gouvernance de données. Il s’agit de l’ensemble des processus et règles qui garantissent que les données sont utilisées de manière efficace et efficiente. Elle précise aussi les procédures et les rôles pour assurer la qualité et la sécurité des données au sein de l’organisation.

Une entreprise peut appliquer partiellement une gouvernance de données à travers notamment des règles tacites ou bien un tableur partagé, sans jamais avoir été nommé “gouvernance”.

Les situations où on peut effectivement s’en passer (ou presque)

On peut imaginer un scénario où l’on se passe d’une gouvernance de données dans le cadre d’une petite structure avec peu de sources de données : les règles tacites font le lien entre les quelques personnes concernées.

On peut aussi s’en passer si l’on est sur un secteur d’activité qui est peu réglementée, qui comprend une faible exposition au risque (pas de données sensibles, pas de secteur sous contrôle type assurance, santé, finance).

Les signaux qui montrent que ça ne tient plus

Très vite, des divergences peuvent apparaître dans les entreprises. Certains indicateurs peuvent conduire à une interprétation différence selon le département. Par exemple, la définition de “client actif” peut varier entre la finance et le marketing. De plus, quand les décisions s’appuient sur les données dont personne ne peut garantir leur fiabilité.

Un volume important de “turnover” peut complexifier le quotidien d’une entreprise vivant sans gouvernance de données car l’entreprise ne peut compenser la perte de connaissance en cas de départ d’employés de l’organisation.

Plus notable, le volume de données circulant désormais dans l’entreprise, mais aussi la croissance du nombre d’équipes et les nouveaux enjeux réglementaires rendent inévitable l’usage d’une gouvernance de données pour structurer les échanges et le processus de décision entre 50 personnes voire plus.

L’absence de gouvernance de données génère surtout un impact sur les projets d’IA car ceux-ci s’appuient sur des données de qualité pour pouvoir se montrer performant et répondre à terme au besoin initial de l’entreprise. Ainsi, l’adoption de l’IA échoue ou est freinée faute de données exploitables.

Le vrai coût de l’absence de gouvernance

Ce n’est presque jamais un coût visible immédiatement : c’est un coût qui s’accumule. Temps perdu à rechercher ou réconcilier des données, décisions prises sur des bases fragiles sans que personne ne le sache, risques réglementaires qui dorment jusqu’à un contrôle ou un incident, projets IA qui consomment plus de temps en nettoyage de données qu’en valeur ajoutée.

L’absence de gouvernance de données représente un coût qui s’accumule et qui est visible immédiatement. On peut mentionner le temps perdu pour rechercher des données, les règles d’accès aux données qui change selon le département… Au delà de ses exemples, c’est surtout le processus de décision qui se voit le plus souvent impactée. Celui-ci reposant sur des données fragiles.

À l’ère de l’IA, même la plus petite des organisations ne peut se passer d’une gouvernance de données

À l’heure où l’IA démontre sa capacité à accélérer la productivité et à automatiser les tâches répétitives, permettant aux salariés de consacrer leur temps à des activités à plus forte valeur ajoutée, une question reste largement sous-estimée : sur quoi repose cette automatisation ?

L’essor de l’IA impose la donne suivante : une organisation pouvait hier se passer de gouvernance des données, parce que la connaissance tacite de quelques personnes suffisait à compenser l’absence de structure. L’IA bouscule cet équilibre, y compris pour les plus petites structures, et pour une raison simple : elle s’appuie sur des données de qualité, maîtrisées à l’aide de définitions et de décisions claires.

C’est précisément ce qui change l’équation pour les petites organisations. Avant l’IA, l’informel tenait parce que le risque d’erreur restait visible et corrigeable à l’échelle humaine. Avec l’IA, l’erreur se propage plus vite, à plus grande échelle, et souvent de façon moins visible. Un biais ou une donnée mal définie en amont se retrouve démultiplié dans chaque sortie du modèle.