Ce jeudi 2 juillet, Anthropic a annoncé au travers d’un mail à ses utilisateurs, l’accès au grand public à Claude Fable 5. La restriction par le gouvernement américain aux citoyens non-américains avait suscité de vives réactions, notamment en Europe.

Le lancement controversé de Fable 5

Pour rappel, Claude avait initialement développé Mythos, un modèle d’IA dont les capacités avait surpris Anthropic qui avait ensuite décidé de réserver l’accès seulement à des partenaires de confiance. L’entreprise avait exprimé des inquiétudes après que Mythos ait dépassé les attentes particulièrement dans les domaines de la science et la cybersécurité.

La start-up a ensuite lancé Fable 5, une déclinaison grand public volontairement « bridée » de Mythos 5. Mais l’aventure a tourné court : trois jours seulement après sa mise en ligne, le 12 juin, le gouvernement américain a émis un ordre exécutif imposant la suspension de l’accès à Fable 5 et Mythos 5 pour tout ressortissant étranger, au nom de la sécurité nationale.

Très rapidement, de nombreuses réactions ont lieu pour dénoncer cette restriction que beaucoup considérait comme injustifié notamment en Europe. Elle a surtout mis en avant la dépendance technologique du territoire européen aux infrastructures américaines.

Fable 5 : bienvenue à la frontière de l’IA

Avec Fable 5, Anthropic compte s’imposer comme la référence des entreprises IA. Elle est aujourd’hui valorisée à plus de 900 milliards de dollars, dépassant son concurrent direct OpenAI valorisée lui, à un peu plus de 800 milliards de dollars. En parallèle, elle a commencé les démarches pour entrer en bourse. Une ouverture aux investisseurs grand public qui pourrait s’avérer historique compte tenu du fort enthousiasme autour de la technologie IA.

D’un point de vue technique, Fable 5 appartient pleinement à l’IA dite “frontier”; c’est-à-dire les modèles à l’état de l’art, ceux qui repoussent la limite de ce que l’intelligence artificielle sait faire à un instant précis. Il surpasse tous les modèles précédemment disponibles en ingénierie logicielle, en analyse de documents et en travail autonome de longue durée et il peut enchaîner des tâches complexes pendant plusieurs jours sans intervention humaine.

Le terme s’est aussi imposé dans le vocabulaire réglementaire, précisément parce que ces modèles concentrent les risques les plus sérieux : capacités offensives en cybersécurité, applications en biologie, autonomie croissante…